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Gilles Becker Secrétaire Général
Fdsea
57
R mistes
Les tentatives des producteurs pour poursuivre les négociations sur le prix du lait ont
échoué. Les représentants de la Fnpl
se sont vus refuser toute discussion par les transformateurs. Du mutisme, ces
derniers sont passés à
l’agression avec la rédaction unilatérale des paies de lait
du mois d’avril. Le scénario catastrophe
craint par les producteurs se réalise. Non seulement
la baisse est excessive, mais la course
au moins-disant se poursuit. Le prix du lait du mois d’avril
va chuter à 223 €/1.000 l soit 1,46 franc/litre.
C’est un triste record, les éleveurs doivent en avoir conscience. C’est bien le taux de base en
haut de la fiche de paie qu’il faut comparer et non pas le
total du mois. Vingt ans en arrière, en
avril 1989, le lait était payé à 1,68 franc/litre.
Comparativement à l’évolution du Smic
sur la même
période, les transformateurs imposent en 2009 l’équivalent
de 700 € par mois. Pour un couple, c’est
comparable au
Rmi. Quelle
profession accepterait un tel naufrage social ?
Le prix du lait est-il la seule
variable d’ajustement possible en cette
période de crise ? Confronter à leurs
coûts productions, les éleveurs se
posent légitimement la question. Les
arguments donnés aux producteurs par les entreprises, s’ils
ne sont pas contestables, sont fallacieux et occultent la vérité. Les bons résultats engrangés en
2008 sur les produits de marques et dont se vantent
habituellement les groupes auprès de leurs actionnaires, sont soigneusement oubliés.
On ne nous parle que de l’effondrement
des produits industriels. Le résultat
des entreprises laitières a fortement diminué, mais il
continue à se compter en dizaines de millions d’euros.
A l’heure du débat sur le partage des
profits lancé par le président de la République, l’industrie
laitière a incontestablement de gros progrès à faire.
L’Etat doit aussi être rappelé à ses responsabilités. Les pouvoirs publics ont cautionné
le démantèlement des outils de régulation européens. Le
ministre de l’Agriculture doit assumer les conséquences de ses décisions. La libéralisation
des négociations commerciales à travers la
Lme, les
intimidations de la Dgccrf
ont accentué les
tensions. Nous ne sommes pas dans une impasse interprofessionnelle du seul fait des
marchés, mais aussi parce que l’Etat a abandonné la filière
laitière. Les entreprises et les pouvoirs publics
doivent être conscients d’une chose :
«Pour continuer à avoir du lait, il
faut d’abord garder des producteurs en capacité de vivre de leur métier. Nous allons le leur rappeler !».
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