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    Juridique et réglementation / Les Chroniques juridiques
 
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Les chemins ruraux

La circulation des agriculteurs sur la voirie communale peut être source de conflits avec les communes. Quelques notions de base peuvent souvent permettre de les éviter.

La question de la propriété

Les voies de desserte des fonds ruraux se distinguent entre celles appartenant au réseau public ou au réseau privé des communes. Lordonnance du 7 janvier 1959 classe les chemins ruraux dans le domaine privé des communes contrairement aux voies communales faisant partie du domaine public. Bien que leur utilisation soit essentiellement liée à lagriculture, ils peuvent être également affectés à un usage de randonnée, de chasse, de pêche... La question de la propriété des chemins ruraux a fait lobjet dune abondante jurisprudence. Dès lors quun chemin est affecté à lusage du public, il est présumé jusqu’à preuve contraire, appartenir à la commune sur le territoire de laquelle il est situé. Toutefois, la production dun titre par un propriétaire privé sur lassiette de ce chemin fait en règle générale échec à la présomption de propriété au profit de la commune. Par ailleurs, si un chemin rural appartient effectivement à une commune, loccupation de celui ci pendant 30 ans par un tiers qui nen a pas la qualité de propriétaire permet à ce dernier de le devenir par prescription trentenaire sil peut justifier des faits de possession visés à larticle 2229 du Code Civil. Cest la raison pour laquelle les communes seront rendues attentives quant à lusage effectif des chemins ruraux qui seraient utilisés par un seul propriétaire pendant 30 ans.

Les caractéristiques techniques et les mesures de police

Le Code Rural, dans son article R. 161-8, définit les caractéristiques techniques générales que doivent avoir les chemins ruraux de manière à satisfaire, selon ce texte, la desserte des terres et des bâtiments dexploitation. En règle générale, et sauf circonstance particulière appréciée par le Conseil municipal, aucun chemin rural ne doit avoir une largeur de plate-forme supérieure à 7m et une largeur de chaussée supérieure à 4m. Cependant, des surlargeurs peuvent être aménagées à intervalles plus ou moins rapprochés pour permettre le croisement des véhicules et matériels. Ces chemins ruraux sont fréquemment soumis à des trafics importants notamment par le poids des engins et remorques agricoles. Le Maire peut, en vertu de ses pouvoirs de police, en interdire lusage sur tout ou partie aux catégories de véhicules et de matériels dont les caractéristiques sont incompatibles avec la constitution de ces chemins et notamment avec la résistance et la largeur de la chaussée ou des ouvrages dart. Ces chemins étant affectés à un usage public, le Maire peut également interdire la circulation des véhicules de type 4x4 sur la partie non goudronnée dun chemin rural, ainsi en a décidé le Conseil dEtat.

Conservation et surveillance

Les articles R. 161-14 et suivants du Code Rural définissent toute une série de dispositions destinées à maintenir la sécurité ou la commodité de la circulation sur ces chemins. En particulier, il est interdit de les dépaver, denlever les pierres ou autres matériaux destinés aux travaux de ces chemins. Situation plus classique rencontrée dans nos campagnes, il est également interdit de les labourer ou de cultiver le sol dans les emprises de ces chemins et de leurs dépendances et de faire sur ces dernières des plantations darbres ou de haies. Par ailleurs, lautorisation du Maire est requise afin de pouvoir réaliser dans un chemin rural une fouille ou une tranchée aux fins notamment dy installer une canalisation. Louverture de fossés privés sur des parcelles riveraines dun chemin rural ne peut être autorisée à moins de 0,50m de la limite du chemin. Ces fossés doivent avoir un talus d1 m de base au moins pour 1 m de hauteur. Les prescriptions particulières destinées à la conservation de ces chemins et qui visent à compléter celles fixées dans le Code Rural sont déterminées par arrêté préfectoral, après avis du Conseil général. La juridiction civile est compétente pour connaître des contestations concernant notamment la propriété de ces chemins et la juridiction répressive permet au Maire dengager des poursuites lorsque les conditions dutilisation de ces chemins ne sont pas respectées.

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