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Le droit de préemption du fermier

Le statut du fermage apporte une relative sécurité au preneur en place en fixant la durée du bail à une durée minimum de 9 années. Toutefois, à tout moment, le bailleur peut décider de mettre en vente le fonds loué. Pour éviter que le fermier ne perde son outil de travail, il dispose d’un droit de préemption, ’est-à-dire qu’il a la faculté de se porter acquéreur en priorité sur tout autre candidat.

Pour bénéficier de ce droit, le bail doit être soumis au statut du fermage, la surface exploitée doit être supérieure aux seuils fixés par arrêté préfectoral. Le preneur doit remplir trois conditions :
- avoir exerc
é la profession agricole pendant au moins 3 ans (à quel que titre que ce soit : exploitant, aide familial, salarié).
Cette exp
érience peut avoir été acquise sur le fonds loué ou sur dautres biens,
- avoir exploit
é personnellement le bien,
- ne pas
être propriétaire dune superficie supérieure à trois SMI.

Cessions soumises au droit de préemption

Le droit de préemption sapplique en cas de «cession à titre onéreux» du bien loué cest-à-dire en cas de vente amiable ou dadjudication. Le fermier ne peut pas exercer son droit de préemption en cas :
- d
’échange,
- d
expropriation pour cause dutilité publique,
- donation, transmission du bien par succession.
De plus, le droit est
également exclu lorsque le propriétaire vend le bien à un parent ou allié jusquau 3e degré inclus (neveu) sauf si le preneur fait lui même partie du cercle familial.

Mise en oeuvre du droit de préemption

La notification du projet de vente incombe au notaire qui notifie au fermier par lettre recommandée avec avis de réception ou par exploit dhuissier le prix, les charges, les conditions et modalités de la vente. Celui-ci a deux mois pour préempter. Le preneur a alors quatre possibilités :
- refuser de pr
éempter par réponse négative dans les deux mois,
- refuser de pr
éempter en restant silencieux (le silence équivaut à une renonciation),
- accepter l
offre sans réserve,
- accepter l
offre avec réserve et demander une modification judiciaire des conditions de vente (lire encadré).
Lorsque le fermier est d
accord avec le prix et les conditions proposées, la vente est «parfaite», elle est alors formalisée par acte authentique (devant notaire) dans les deux mois suivant lenvoi de la réponse au propriétaire. Si le preneur estime le prix exagéré, il doit avertir le bailleur quil entend se porter acquéreur sous réserve dune révision judiciaire et dans le même temps il doit saisir le tribunal paritaire des baux ruraux en fixation de prix.
A l
issue de la procédure contentieuse, chacune des parties sera libre dacheter ou de vendre au prix fixé par le tribunal. Si le fermier renonce à lachat, le propriétaire pourra vendre à la personne de son choix aux conditions initialement notifiées, sans être tenu par le prix fixé en justice. Le bailleur peut renoncer à la vente. En cas de vente ultérieure, il devra à nouveau notifier son projet au fermier.

Obligations du fermier préempteur

Le fermier qui a fait usage de on droit de préemption est tenu dexploiter personnellement le fonds pendant au moins 9 ans en qualité de propriétaire. Il ne peut ainsi ni vendre le fonds ni le louer. Sa mise à disposition à une société est possible si le fermier préempteur se consacre personnellement à lexploitation du bien au travers de la société.

Sanctions en cas de violation du droit de préemption

Le preneur doit impérativement réagir dans un délai de 6 mois à compter du jour où il a eu connaissance de la vente. La sanction est alors la nullité de la vente assortie soit de la substitution du preneur évincé au tiers acquéreur, soit du paiement de dommages et intérêts.


Comment s
exerce le droit de préemption en cas de vente amiable

Notification du projet de vente au fermier

- par le notaire (lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR) ou

exploit dhuissier)

- conditions de vente (prix, charges )

Réponse du locataire (LRAR ou exploit dhuissier)

- silence = refus de préempter

- refus de préempter

- préemption

- préemption avec saisine du Tribunal Paritaire des Baux Ruraux pour révision de prix

le TPBR fixe le prix après enquête et expertise

- les parties sont daccord pour conclure la vente

- le locataire renonce à lachat (vente à lacquéreur initial)

- le propriétaire retire son bien de la vente.

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