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Le droit de pr éemption du fermier
En cas de mise en vente du bien loué,
le preneur en place dispose d’un droit
de préemption. Ce droit permet au fermier
en place d’être préféré à tout autre
acquéreur s’il veut acheter le bien qu’il
cultive. Voici quelques questions
fréquentes sur les conditions d’exercice
du droit de
préemption.
Question : J’ai échangé depuis une dizaine d’années
des parcelles avec mon voisin. C’est mon voisin qui a continué à verser les
fermages au propriétaire âgé. Celui-ci vient de décéder, ses héritiers
souhaitent vendre rapidement. Suis-je prioritaire pour acquérir ces parcelles
?
R éponse : Le droit
de préemption est réservé au fermier en place. Pour avoir la
qualité de preneur en place, une seule condition est requise : justifier
d’un
titre régulier d’occupation, c’est-à-dire un bail rural opposable au
propriétaire. Peu importe qu’il s’agisse d’un bail verbal ou d’un bail
écrit,
enregistré ou non. Peu importe que le fermier ait reçu un congé : tant que le
bail n’a pas expiré, le preneur conserve son droit de préemption. Autrement
dit, le fermier peut exercer son droit de préemption jusqu’à la date
d’effet du congé. Attention, cependant, l’exploitant qui n’a plus la
qualité de preneur en place ne peut plus bénéficier du droit de préemption.
L’occupant sans titre ne peut pas préempter. Le preneur qui a consenti
une sous-location illicite ne peut pas préempter. De même, le
sous-locataire ne peut pas revendiquer un droit de préemption sur les
terres qu’il exploite. Dans votre hypothèse, c’est votre voisin qui a la
qualité de fermier en place. Vous n’êtes pas le fermier régulier de la
parcelle, aussi vous ne bénéficiez pas du droit de préemption.
Question : Je suis locataire de
plusieurs parcelles agricoles soumises au statut du fermage. Mon
propriétaire vient de m’informer qu’il
souhaitait vendre. J’ai 60 ans et j’entends prendre ma retraite.
Mon fils va s’installer. Mon voisin m’a dit
que je ne pouvais pas préempter. Qu’en est-il
?
R éponse : Le preneur
en place peut bénéficier personnellement du droit de préemption. Dans
certains cas, son conjoint ou son partenaire pacsé ainsi que ses descendants majeurs
peuvent bénéficier également du droit de préemption. En effet, le preneur
bénéficiaire du droit de préemption peut : - soit exercer personnellement ce
droit, soit pour exploiter lui même, soit pour faire assurer
l’exploitation par son conjoint ou son partenaire pacsé, ou un
descendant. - soit subroger dans l’exercice de ce droit son conjoint,
son partenaire pacsé ou son descendant. Dans ce cas, l’acquisition est
faite directement au nom du conjoint, du
partenaire ou du descendant. Dans ces deux cas, il suffit que le conjoint ou
le partenaire pacsé participe à
l’exploitation. Le descendant doit
être
titulaire d’un diplôme d’enseignement agricole ou avoir exercé la profession
agricole pendant 3 ans au moins.
Question : Je suis fermier de 10 ha de terres
situées derrière mon hangar. Le
propriétaire savait que j’étais
intéressé par l’achat de la parcelle en cas de
vente. Le notaire du propriétaire vient de m’informer
que les terres que je loue ont été données à
mon voisin qui n’a pas
aucun lien de parenté avec mon propriétaire. Est-ce que je pouvais
faire valoir mon droit de préemption ?
Réponse : Le droit de préemption est ouvert au preneur
lorsque le propriétaire décide ou est contraint d’aliéner le bien
loué à titre onéreux. Il faut donc que le bien soit mis en vente. Une
donation étant une mutation à titre gratuit, elle ne permet pas au preneur
d’exercer son droit de préemption. Il faut toutefois que la donation ait
été faite sans fraude et qu’elle ne cache pas, en fait, une vente. C’est le preneur
évincé qui devra apporter la preuve de la simulation. En cas de vente
déguisée, le preneur demandera l’annulation de la donation devant le
tribunal paritaire. Mais il ne suffit pas d’invoquer la fraude, encore faut-il
en faire la preuve. Faire la preuve de la simulation est une mission assez
difficile à la charge du fermier.
Question : Mon propriétaire
vient de vendre à sa nièce les parcelles que je loue.
Est-ce que j’aurais pu préempter ?
Réponse : Le droit de préemption du fermier est écarté lorsque la vente
est réalisée au profit de parents ou alliés du propriétaire
jusqu’au 3e degré inclus. Tel est le cas de la vente à
un neveu ou à une nièce par alliance.
Rappelons qu’une vente entre le grand-père et le petit-fils ou entre le
frère
et la soeur relèvent du deuxième degré. Vous ne pouviez donc pas faire
jouer votre droit de préemption dans la mesure où la vente a été réalisée au profit
d’un
parent du propriétaire. Par exception, le fermier qui est
lui-même parent ou allié jusqu’au 3e degré du propriétaire bénéficie du droit de
préemption. |
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