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Le bail à long terme
Le bail à
long terme offre au fermier, de par sa longue
durée, une certaine sécurité et stabilité. Tour d’horizon des principales
caractéristiques.
Le bail rural à
long terme est un type particulier de bail qui garantit au preneur une
installation durable sur les biens loués. Le choix offert aux parties qui
souhaitent s’engager sur une longue durée est étendu, puisque la durée du bail
peut être de 18 ans renouvelable, 25 ans ou encore une certaine durée librement
définie par les parties.
18 ans, 25 ans, bail de carrière…
Le bail à long terme peut être prévu pour une durée initiale de 18
ans. Il se renouvellera automatiquement pour des périodes de neuf ans. Un preneur qui
est à plus de neuf ans et à moins de 18 ans de l’âge de la retraite peut conclure un
bail à long terme. Sa durée sera celle qui lui permet d’atteindre
l’âge
de la retraite. Par exemple, s’il est à
15 ans de la retraite, la durée du bail
à long
terme sera alors de 15 ans. Le bail à
long préavis est un bail à long terme
d’une
durée
de 25 ans au moins. A l’expiration de la durée initiale du bail, chacune des
parties peut y mettre fin, chaque année, par exploit d’huissier. Le
congé prend alors effet à la fin de la quatrième année de la dénonciation.
C’est
la raison pour laquelle ce type de bail est également appelé bail à long
préavis. Ainsi, par exemple, si le propriétaire désire reprendre ses
parcelles, il devra délivrer un congé, sans avoir à le motiver, avant
la fin de la 21e année. La résiliation prendra effet
à la
fin de la 25e année. Si le propriétaire délivre congé au cours de la
27e année, le bail sera résilié quatre ans plus tard, le bail aura duré 31 ans. Le bail
à long
terme prend la dénomination de bail de carrière lorsqu’il porte sur une
exploitation agricole constituant une unité
économique ou sur un lot de terres
d’une
superficie supérieure à
la surface minimale d’installation. La
SMI est de 20 ha en Montagne Vosgienne, 25 ha pour le Plateau Lorrain, la
Vôge
et le Bassigny-Chatenois, alors qu’elle est de 30 ha en Côtes de Meuse, La
Haye et Barrois. Le bail de carrière est conclu pour une
durée
de plus de 25 ans et prend fin à
l’expiration de l’année culturale
pendant laquelle le fermier atteint l’âge de la retraite agricole. Le
fermier est assuré de rester sur le fonds loué jusqu’à sa retraite, sans craindre un
éventuel droit de reprise du propriétaire. Certains parents opteront
pour un bail de carrière au profit du fils ou de la fille qui reprend
l’exploitation. Le descendant ne sera alors pas obligé de racheter la
part de ses frères et soeurs au cours de sa
carrière. Il faut réfléchir suffisamment tôt au bail de carrière. Comme sa
durée
minimale est de 25 ans, un fermier de plus de 35 ans ne peut pas conclure un
bail de carrière. Attention, cependant, car ce type de bail ne confère aucun droit au
renouvellement puisqu’il cesse de plein droit lorsque le fermier a atteint
l’âge
de la retraite. Le fils du fermier ne pourra pas demander à bénéficier
d’une
cession de bail à son profit. Le nouveau bail cessible d’une
durée
de 25 ans au moins, permet au fermier de céder son entreprise au terme de sa
vie professionnelle au repreneur de son choix.
Le passage chez le
notaire est obligatoire
Seul un notaire peut r édiger un bail à long terme. Le
bail à long terme est publié à la conservation des hypothèques ou au Livre Foncier pour la
Moselle. Le recours obligatoire à
l’acte notarié est une
spécificité du bail à
long terme. En effet, le bail rural
ordinaire peut être fait par écrit, sur un formulaire type, sur
papier libre, par un notaire, enregistré
aux impôts ou non. Le bail verbal a autant
de valeur que le bail écrit, il est censé
être fait pour des périodes de 9 ans.
Le montant du fermage du bail à
long terme est majoré par rapport au
bail de 9 ans. Le fermage du bail de 18 ans est majoré de 15% (20% pour
la Moselle) par rapport au bail de 9 ans, alors que le fermage du bail de
carrière est revalorisé de 1% par année de bail, soit une majoration de
25% pour un bail de carrière de 25 ans.
Des économies de
droits de donation ou de
succession
Le bail à long terme offre
également des avantages fiscaux importants pour le propriétaire. En effet,
en cas de donation, donation-partage ou d’héritage, l’héritier
bénéficie d’une diminution des droits de donation ou de succession
lorsque les biens transmis sont loués par bail à long terme. La
transmission à titre gratuit d’un bien loué par bail
à long
terme est exonérée de droits à
concurrence des 3/4 lorsque la valeur de la
part transmise par le défunt ou le donateur à chaque héritier
n’excède pas 76.000 euros et 50% au-delà. Prenons l’exemple
d’un
père
qui donne à ses deux enfants des terres agricoles et d’autres biens (maison). Chaque
héritier reçoit une part estimée à 60.000 euros pour les terres et
50.000 euros pour la maison. Si les terres sont louées par bail à long terme, la
valeur des biens transmis est réputée être de 15.000 euros puisque
l’abattement est des 3/4 de la valeur réelle des terres. Les droits de
mutation sont calculés sur la base de 75.000 euros, ils seront de
l’ordre de 2.620 euros. En revanche, en l’absence de bail à long terme sur
les terres, les droits auraient été calculés sur la base de
110.000 euros, ils auraient été de 9.370 euros. Cette exonération partielle de droits de
mutation est subordonnée à quatre conditions :
• Le bien transmis doit constituer
un bien rural : prairies, terres labourables, bâtiments
d’exploitation,
• Le bien transmis doit faire
l’objet d’un bail à
long terme (ou d’un bail cessible
hors du cadre familial) en cours au jour de la transmission,
• En cas de donation au preneur,
le bail doit avoir été réalisé
au moins deux ans avant la donation,
• Enfin, les biens transmis
doivent rester la propriété des héritiers pendant au moins cinq
ans. |
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