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La
S AFER et le droitde
préemption
Les
SAFER ont vocation à acheter des
biens ruraux, des terres, des exploitations
agricoles librement mises en vente par
leur propriétaire, pour les revendre. Pour
acquérir un bien, elles peuvent sous
certaines conditions faire valoir un droit
de
préemption.
Aspects généraux de la
réglementation:
Les conditions du droit de préemption
Il faut tout d ’abord que la
SAFER obtienne une habilitation administrative, qui est attribuée par
décret, pris sur proposition du ministre de l’agriculture. Ensuite, il faut que
le bien à vendre ait une superficie supérieure à un certain seuil,
qui est de 25 ares en Moselle (10 ares en zone non remembrée et 0 are dans
les zones agricoles et naturelles des documents d’urbanisme). Encore, il faut que
l’aliénation soit à titre onéreux. Les aliénations
à titre gratuit ne donnent pas ouverture au droit de préemption de la
SAFER.
Enfin, la SAFER voit son droit de préemption écarté lorsque
l’acquéreur est un parent ou allié
jusqu’au 4ème degré inclus du vendeur, des coindivisaires, un preneur en place qui est
exploitant depuis plus de 3 ans, l’Etat, ou encore les
collectivités publiques. Seules sont soumises au droit de préemption de la
SAFER les ventes d’immeubles à
vocation agricole. Les modalités d’exercice du droit
de préemption dépendent du mode de vente, qui sera de gré à gré, ou par
adjudication.
Ventes de
gré à gré
Dans les ventes amiables,
tous les projets d’aliénation à
titre onéreux doivent être
notifiés à la SAFER. Quand un droit prioritaire prime sur le droit de
préemption de la SAFER, le notaire doit en informer la société en même temps
qu’il
lui notifie le projet d’aliénation. Cette information doit avoir lieu deux mois
avant la date envisagée pour la cession, et la SAFER a alors deux mois à compter de la
réception de la notification pour faire connaître sa réponse. Celle-ci
peut être de trois ordres : Soit la SAFER
accepte l’offre, elle décide donc de préempter (avec l’accord des commissaires du
gouvernement et signature du Président du Conseil d’Administration).
Le propriétaire ne peut plus alors renoncer à
son projet de vente.
Soit elle renonce à son droit de
préemption. Soit elle fait
une offre d’achat à ses propres conditions, lorsqu’elle estime que le
prix et les conditions de l’aliénation sont exagérés. Elle adresse alors au notaire
chargé d’instrumenter la vente, une offre d’achat à ses conditions. Le vendeur a
alors trois possibilités : - soit il accepte cette offre d’achat, - soit
il retire le bien de la vente, - soit il saisit le Tribunal de Grande
Instance lorsqu’il ne renonce pas à
son projet de vente, mais n’entend pas traiter
au prix proposé par la SAFER. Quelle que soit
l’option qu’il choisit, le vendeur dispose d’un délai de 6 mois pour
faire connaître sa position à la SAFER
(via le notaire).
Ventes par adjudications
Dans les ventes par adjudication volontaires, la
SAFER peut accepter l’offre ou bien faire une contre proposition de prix,
contraiement aux adjudictions forcées où il n’y a pas d’offre au
préalable. Les conditions de vente doivent être notifiées à la SAFER avant
l’adjudication par la personne chargée de dresser l’acte d’aliénation. En outre,
le notaire chargé de la vente doit convoquer la SAFER aux
enchères par lettre recommandée avec accusé de réception, ou par
acte d’huissier au moins 20 jours avant la date d’adjudication. La SAFER peut
écarter l’adjudicataire en utilisant son droit de préemption dans le
délai
d’un
mois à compter de l’adjudication. Elle se porte alors acquéreur aux prix et
conditions auxquels ce dernier a souscrit.
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