Bilan actions de blocage des
abattoirs
Une hausse du prix dans les
semaines à venir
Les médias ont focalisé le bilan de
l'action abattoirs de la seule grille de prix du groupe Bigard obtenue pour la
semaine 46. L'accord national ne se résume pas à ces quelques centimes. Des
avancées décisives réunissant les conditions d'une amélioration durable des prix
payés aux producteurs ont été actées.
La fin politique de la chaise vide
Après trois jours de blocage, le groupe BIGARD
est venu à la table des négociations. La réunion interprofessionnelle du 10
novembre contient donc un premier point de victoire important : la présence
de l'entreprise Bigard à la table des discussions, alors que Jean-Paul Bigard
n'y siégeait plus. Ce retour à la table des discussions du leader français du
marché est une victoire syndicale à votre actif, il a mesuré la détermination
des éleveurs. Il s'est engagé sur un " retour constructif et dans la
durée à l'interprofession ".
Il connaît désormais la détermination de notre
réseau ! C'est également un avertissement à l'ensemble des entreprises du
secteur qui est lancé : les entreprises sont, en effet, mises sous
surveillance du syndicalisme agricole. Nous aurons la capacité à revenir s'il le
faut, et si les engagements ne sont pas tenus, l'aval de la filière en est
maintenant conscient !
Le plan de sortie de crise : agir sur les transactions et
les marchés
Appliquant la feuille de route fixée par le
Ministre Bruno Le Maire mardi matin, un plan de sortie de crise a été adopté par
Interbev le 10 novembre. Le plan de la filière qui combine en une série
d'actions qui ont toutes pour objectif la meilleure valorisation de la
production, c'est-à-dire l'augmentation du prix au producteur.
Transparence des
transactions : les abattoirs de plus de 3000 t devront être équipés
ou avoir commandé une Machine A Classer " homologuée " d'ici la fin de
l'année. Le délai de 18 mois initialement négocié par Bigard dans l'accord
Interpro du 30 juin 2010 est effacé. Le Ministre a annoncé qu'il imposerait la
MAC par décret en cas de non-respect de l'accord. Cela permettra enfin de parler
d'un même classement dans toute la France sans distorsions. Le non-respect des
règles de la PCM peut se traduire par 50 à 70 € confisqués aux
producteurs ! C'est un point clé car il n'y a pas de relations de
partenariat et d'indicateurs de marché si l'on ne parle pas un langage commun
sur le classement d'une carcasse.
Refonte des cotationsafin de
fournir à l'ensemble des acteurs de la filière des indicateurs de prix fiables
et représentatifs, et non manipulables.
Renforcement de l'export :
les opérateurs de la filière vont renforcer leur action pour améliorer les
capacités d'export des produits nationaux, et ainsi rechercher une meilleure
valorisation du produit et une amélioration de l'équilibre de marché. Le
Ministre s'est engagé à lever toutes les lourdeurs administratives qui
ralentissent les circuits de sortie du territoire des animaux en vif
viandes.
Revalorisation des races à
viandes : accord en particulier sur les femelles d'un poids
carcasse maximum de 400 kg classées O+, R-, R= avec pour objectif la conquête de
nouveaux débouchés et tirer les prix de marché vers le haut. Une série de
réunions techniques est programmée, avec un point d'étape le 16
novembre.
Redynamisation de la consommation de
"viandes françaises":
- remise en avant VBF qui identifie la viande
produite issue d'animaux nés, élevés et abattus en France par la distribution.
- Rappel à la restauration collective de son
obligation d'étiquetage de l'origine et renforcement auprès de ce type de
restauration des actions visant à mieux valoriser la viande bovine.
- le Ministre s'est engagé à une modification
législative sur les dispositions relatives aux appels d'offres publics, pour
favoriser une production et des circuits de proximité pour l'approvisionnement
de la restauration collective. A ce propos, il faut rappeler que la
restauration hors foyer (publique et privée) représente 29% de la consommation
de viande bovine soit 420 000 tonnes dont 92% sont importées
(380 000 tonnes).
- crédit interprofessionnel d'1 M€ pour
développer une campagne " races à viandes " dans les circuits de
distribution.
Handicaps de compétitivité : le
Ministre s'est engagé à mener des actions afin de corriger les distorsions de
concurrence qui pénalisent les entreprises françaises (sanitaire,
social...).
Segmentation et
contractualisation : les acteurs de la filière s'engagent à mettre
en avant les démarches de segmentation et de contractualisation qui favoriseront
une meilleure adéquation de l'offre à la demande en qualité et quantité –
régularité, ce qui aura un effet positif sur le prix général de
marché
- la
contractualisation fera l'objet d'un travail approfondi au sein de
l'interprofession.
- l'évaluation de
la réalité de la situation de marché devra aboutir à la définition
d'indicateurs de marché et de coûts de production pertinents et objectifs,
reconnus par tous
- Le Ministre
interviendra par décret si l'Interbev n'avance pas assez vite.
Les engagements spécifiques de Bigard
En plus du plan collectif filière, Bigard s'est
engagé sur 3 points, qui ontconditionné la levée des blocages
:
"un retour constructif et dans la durée à
l'interprofession"
- un abandon de tous les référés et procédures
engagées contre les organisations et les syndicalistes
- une revalorisation immédiate de sa grille de
prix sans attendre l'effet des mesures de marché. Cette revalorisation
immédiate est de 5 centimes par kg pour les vaches allaitantes et de 2
centimes par kg pour les vaches laitières P+ et O-.
Ces centimes s'ajoutent à ceux déjà obtenus
depuis le début de la mobilisation fin août (car le blocage des sites Bigard
était une phase de notre mouvement). Les cotations ont progressé de 28 cts euros
par kg en JB et de 13 cts d'euros par kg en vaches allaitantes grâce déjà à
notre action (GMS, présence active en commissions de cotations pour une hausse
conforme à l'amélioration du marché, ...) contrecarrant la baisse voulue par les
opérateurs.
L'objectif augmentation du prix
Pour tirer un bilan de l'action abattoirs, il
faut d'abord se rappeler qu'il est strictement interdit d'établir une grille de
prix compte tenu des règles de concurrence. La sanction peut être très
lourde : amende de 16 millions d'euros infligée par Bruxelles lors de nos
actions suite à l'ESB et qui a été payée depuis.
Seul le plan formé par le Ministre et,
d'autre part, par l'interprofession est de nature à aboutir à la hausse des prix
(effet levier).
Ce n'est donc pas, bien évidemment (même
si la presse généraliste n'a repris que cet aspect-là), la "première amorce" que
nous avons obtenue de Bigard dans sa grille de prix de la prochaine semaine (+2
et + 5 cts sur les femelles) qui doit être la façon de mesurer l'effet de notre
action.
Celle-ci doit donc s'observer dans les
semaines qui viennent, dans les grilles de prix d'achat des opérateurs, et, en
conséquence, dans les prix pratiqués auprès des éleveurs et traduites dans les
cotations.